3 mars 2011

Le Cambodge du Sud, îles paradisiaques...

Après la culture, un peu de farniente et de soleil pour Emile et Fred avant d’affronter la grisaille lyonnaise.
Il semble que le Sud du Cambodge soit préservé du tourisme de masse à la Thaïlandaise. Nous allons vérifier cela !

De tous nos trajets en bus, le voyage en bus de nuit de Siem Reap à Sihanoukville restera un moment d’anthologie…
Les « sleeping bus » cambodgiens sont en fait des pseudos lits superposés fixés au plancher du bus, lits adaptés à la taille asiatique. Ainsi, les pieds de Stéphane taquinent les oreilles de la voisine de devant.
C’est du système D avec une sécurité minimale : les passagers se déplacent selon les aléas de la route (plus ou moins en bon état) et l’humeur du chauffeur (avant minuit, nous avons eu un conducteur chauffard ; plusieurs fois le bus a menacé de se retourner).
Vers minuit, les chauffeurs ont déchargé plusieurs dizaines de portes en bois dans un terrain vague près de Phnom Penh.
Puis c’est la pause pipi dans des toilettes très « humides » : fuites d’eau sur la cuvette, au sol…
Nous arrivons à Sihanoukville vers 6h au terme d’une nuit courte… nous récupérons toute la matinée dans un hôtel près du bord de mer.


Sihanoukville est le principal port du Cambodge : sa construction a été décidée par le roi Sihanouk (d’où le nom) suite à l’annexion du delta du Mékong par les vietnamiens.
Aujourd’hui, la cité est en plein boom touristique : les hôtels se créent alors que la route n’est même pas achevée.
La ville offre peu d’intérêt et la plage immédiate est envahie de restaurants et paillottes.
Sihanoukville est même qualifiée de dangereuse par nos guides : nous avons rencontré un couple de français en voyage tour du monde qui s’est fait voler ordinateur, iPod… dans la chambre de leur hôtel. Cela nous rappelle de mauvais souvenirs !


Nous prenons dès le lendemain un bateau pour l’île Koh Rong : un trajet de 2h1/2 sur un petit chalutier vert et bleu ; Emile et Christophe sont victimes du mal de mer…


De la douzaine d’îles au large de Sihanoukville, l’île Koh Rong est la plus grande (15 km de long) et la plus fréquentée par les tours d’un jour. Mais ceux-ci s’arrêtent au nord de l’île alors que notre bateau nous débarque au sud au niveau d’une superbe plage déserte longue de 6 km.

Nous logeons dans un bungalow avec vue directe sur la mer, deux grands matelas à même le sol, l’électricité en soirée, une grande moustiquaire protectrice et une petite salle de bain attenante, un paradis à 20$ !

Dans ce coin de l’île, il n’y a qu’une dizaine de bungalows et un petit village de pêcheurs (une dizaine de familles), autant dire que la plage est à nous !
Nous vivrons 3 jours dans ce magnifique endroit au rythme du soleil : farniente dans l’eau (29°C), balade le long de la plage, recherche de coquillages le long des rochers, plongée masque et tuba, lecture à l’ombre des cocotiers…
Emile et Stéphane testeront une barque en polystyrène prêtée par un pêcheur : nous sommes trop lourds pour la frêle embarcation, notre Titanic a chaviré à 200 m des côtes…

La très belle plage de sable blanc se prête bien à la baignade, surtout les matins : la mer est très calme jusqu’en début d’après-midi lorsque le vent se lève.
L’intérieur de l’île n’est pas fréquentable étant donné les serpents qui y pullulent.

Seul problème et de taille : la pollution de la plage et de la mer par des objets plastiques (sacs, bouteilles, tongs…). Certaines zones de la plage sont très sales…
Les villageois vivent près de leurs poubelles dans des conditions sanitaires déplorables ; ils n’ont pas encore pris conscience de la nécessité de protéger l’environnement. Par exemple, le pêcheur qui jette un sac plastique utilisé dans la mer devant nos yeux médusés…

A observer chaque jour l’activité des pêcheurs de la terrasse de notre bungalow (préparatifs et départ des bateaux de pêche chaque matin, débrouillardise étonnante des gamins de moins de 10 ans à la pêche) nous avons eu envie de pêcher notre propre poisson.
Au bout de 3 h de bateau, seul Stéphane a réussi à attraper un petit poisson, nous ne sommes pas très performants ! Etre pêcheur ne s’improvise pas, cela demande du doigté, de la patience et un peu de chance.

Le retour sur terre ferme a été plus long et chaotique que l’aller, la météo étant moins clémente. Cramponnés à nos gilets de sauvetage, nous subissons anxieusement les assauts de la mer déchaînée contre la coque du bateau. Et si nous chavirions ? Et bien non, nous arrivons à bon port.


Stéphane négocie un taxi à (très) bon prix et nous voilà parti pour la ville de Kampot à une centaine de kilomètres de Sihanoukville. Notre chauffeur de taxi se prend pour Alain Prost et dépasse voitures, tuk-tuks et motos tout en gardant un œil sur sa mini télé. A chacune de nos frayeurs, il nous regarde en rigolant « je ne suis pas un conducteur du dimanche moi ! ».

Kampot est une très agréable et indolente cité au bord d’une rivière paresseuse, l’étape idéale après la plage.
Le centre ville a du cachet avec ses nombreuses maisons coloniales construites par les français au début du 20ème siècle, maisons avec boutiques au rez-de-chaussée.
En fin de journée, lorsque le soleil se couche derrière le pont métallique, il est très agréable de se balader le long du quai et de boire un coup dans l’un des multiples bars.
Nous sommes étonnés par les nombreux centres qui proposent deux types de massage : le massage fait par un aveugle ou le massage fait par un masseur voyant. Une initiative intelligente qui pourrait s’exporter en France.

Le lendemain, nous visitons une plantation de poivre à une vingtaine de kilomètres de Kampot.
Le poivre de Kampot est internationalement reconnu pour sa saveur et sa force.
Le poivrier est un buisson qui peut atteindre 2 m de haut. La récolte du poivre vert intervient vers mars-avril, soit 3 mois après la floraison du poivrier : les graines vertes ne sont pas encore mûres mais sont utilisées dans les soupes ou à la cuisson de viandes.
Le grain vert mûrit et devient jaune ou rouge. Récoltés séparément, les poivres jaune ou rouge sont séchés au soleil pendant 3 jours et noircissent. La force aromatique du poivre rouge est plus forte que celle du poivre noir mais ce dernier développe des notes variées.

Nous terminons notre exploration de la côte sud par Kep, une station balnéaire située à 20 km de Kampot.
C’est une étape décevante car les plages sont minuscules et les villas françaises du bord de mer incendiées par les Khmers Rouges sont actuellement squattées par des familles cambodgiennes.
Au moins, cette virée à Kep nous aura permis de jeter un coup d’œil dans une grotte (et ses chauves souris) et de circuler dans la campagne cambodgienne.

De relief plat, la campagne cambodgienne est constituée de multiples parcelles de terre irriguées délimitées par des buissons et des palmiers à sucre.
Le palmier est l’arbre emblématique du Cambodge : en fin de journée, son ombre plane au dessus des rizières…
Cet arbre permet d’obtenir du sucre, nous avons vu la fabrication de « macarons » de sucre dans un village près d’Angkor : les fruits sont cueillis dans l’arbre au moyen d’une tige de bambou dressée au tronc de l’arbre. Le fruit est pressé, le jus est cuit pendant 5 h dans des fours en terre cuite afin d’obtenir une pâte épaisse par évaporation. Celle-ci est versée dans de petits moules ronds en feuilles de palmier et peut-être vendue.

Tous les cent mètres, nous croisons des coiffeurs qui coupent les cheveux des villageois au bord de la route.
Stéphane a testé un coiffeur local de Phnom Penh (sa dernière coupe de cheveux remonte à mai dernier et il lui devenait de plus en plus difficile de se coiffer, surtout sur les côtés…). Test réussi : travail de professionnel, coupe précise pour seulement 1$ !
Les clients du petit salon n’en reviennent toujours pas de la présence d’un touriste dans leur salon, un touriste qui désinfecte les ciseaux et peignes au gel bactéricide !


Le temps passe vite et il est temps pour nos amis Emile et Fred de rentrer en France. Nous les quittons avec regret à l’aéroport de Phnom Penh, mais, ce n’est qu’un au revoir…

Nous, nous poursuivons nos aventures vers le Nord, vers le Laos.
Nous prenons un bus VIP de la compagnie Sorya (les vitres teintées ont fière allure à l’extérieur, mais, à l’intérieur, les sièges sont usés et les rideaux aux fenêtres sont très vieillots) en direction de la frontière laosienne.
Une fois de plus, nous subissons une route bien défoncée et pire, une piste poussiéreuse le long du Mékong.

C’est dimanche, le jour des mariages !
Dans plusieurs villages, nous observons de grandes tentes aux couleurs vives dans lesquelles sont fêtés les mariés avec de la bière Angkor !
Nous avons rencontré un jeune cuistot dans un restaurant de Phnom Penh. Il nous a dit que ses parents avaient leur mot à dire dans le choix de sa future femme et qu’une de ses charmantes ex avait été recalée. Il faut dire que ce sont les parents des mariés qui organisent les festivités et vu le nombre d’invités et la richesse des tissus autour des sièges et tables, cela ne doit pas être donné !

Sur plusieurs dizaines de kilomètres près de la frontière avec le Laos, la forêt est calcinée, les troncs sont coupés : la déforestation du Nord du Cambodge et du Sud Laos est massive. Le bois est ensuite livré en Thaïlande ou en Chine. C’est un spectacle de désolation…

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