12 avril 2011

Splendeurs des « Baies d’Halong »


Après 4 jours passés à Hanoi, nous faisons comme tous les visiteurs qui se rendent au Vietnam : voir la Baie d’Halong !
Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994, la Baie d’Halong est devenue un site incontournable au Vietnam immortalisé par le film Indochine.
Malheureusement, la baie est victime du tourisme de masse bon marché : des bateaux coulent, d’autres polluent…
Plutôt que de suivre le flot des touristes en tour organisé (et donc des bateaux à la queue leuleu...), nous procédons autrement sur les conseils avisés d’un couple de français rencontré au Laos : se rendre sur l’île de Cat-Ba, située au milieu de la Baie d’Halong puis louer un bateau afin de circuler entre les milliers rochers.

Nous prenons donc un bus en direction d’Haiphong : la 3ème plus grande ville du pays, une cité prospère au bord de la mer et la base de départ pour l’île de Cat-Ba.
Comme nous arrivons en soirée, nous devons attendre le bateau du lendemain.
Haiphong est surtout fréquentée par les touristes chinois qui logent dans des hôtels 3 étoiles inabordables. Jamais nous n’aurons eu autant de difficultés pour trouver un hôtel dans une ville : chambre bruyante (chanteuse dans le bar), sale (gros cafard à la tête du lit), chère (double lit hors de prix)… Nous jetons notre dévolu sur un hôtel propre et récent, nous dormirons ce soir dans le même lit !


Il faut seulement 2 heures de bateau (une traversée coûteuse : le prix de notre guide Lonely est multiplié par 2,5 !) pour rejoindre l’île de Cat-Ba, la plus grande des îles de la Baie d’Halong.
La principale ville, Cat Ba Town, est particulièrement laide avec ses alignements d’hôtels (tours de plusieurs étages) sur le front de mer. Mais la vue sur le port de pêche et ses chalutiers bleus au dernier étage de notre hôtel (chambre obtenue à un très bon prix) est vraiment superbe.
Nous louons un scooter pour un petit tour de l’île : une fois de plus, nous constatons que la frénésie de construction des vietnamiens n’épargne pas les plages de l’île (nous avons vu un complexe hôtelier et un port de pêche en travaux).
Notre balade nous permet de profiter de très beaux points de vue sur la mer, notamment au niveau de la côte Sud-Ouest, près d’une petite plage remplie de beaux coquillages allongés.



Le lendemain, c’est le grand départ pour notre croisière d’une journée dans la Baie d’Halong au Nord Ouest de Cat-Ba.
Nous avons de la chance, la météo est excellente : peu brumeuse et ensoleillée (les rochers de la Baie d’Halong sont fréquemment entourés d’un épais brouillard).
Nous sommes six dans le bateau, dont un couple de français originaires d’Orléans.
Après avoir quitté le port de pêche, notre bateau entre dans la baie et circule lentement entre les rochers de calcaire.
C’est une belle balade reposante, la mer est calme ; les images des montagnes qui plongent dans l’eau ou celles de rochers étroits et perdus au milieu de l’océan resteront longtemps gravées dans nos têtes. La baie est très étendue et compte près de 3000 îles rocheuses.
Nous croisons des bateaux de pêcheurs en bambou (étanchéité au goudron) en forme de coquille de noix.

En milieu de journée, après quelques coups de rames de kayak, nous visitons une grande grotte un peu trop bétonnée à notre goût (les alvéoles du plafond fortement décapées sont bien trop propres !). Les vietnamiens, qui adorent les couleurs, ont mis en place un système d’éclairage couleur (mix de couleurs dans chacune des salles). C’est très kitch mais le rendu photo est surprenant…

Nous rentrons en fin de journée par le village flottant : ce sont des radeaux pourvus de petites maisons et de petites passerelles sur lesquelles de gros chiens marchent. Ce village est très photogénique au soleil couchant.













Le soir même, nous quittons Cat-Ba pour la ville de Ninh Binh au Sud d’Hanoi, base de nos prochaines excursions.
Ninh Binh est une petite ville traversée par une autoroute : le trafic de camions est intense, dangereux et bruyant. Heureusement qu’il suffit de s’éloigner de quelques kilomètres du centre pour se retrouver dans la campagne vietnamienne : des rizières à perte de vue et des chapeaux coniques qui émergent du vert tendre des champs de riz, c’est l’image d’Epinal du Vietnam !

Nous louons un scooter et nous parcourons la campagne ; nous y effectuons plusieurs arrêts :
- à Trang An, nous parcourons une rivière en bateau et traversons neuf grottes : cette balade sympathique est très prisée des vietnamiens. Les occidentaux se comptent sur les doigts de la main ; ils sont très demandés par les vietnamiens pour la photo souvenir. Nous ferons cette mini-croisière de trois heures en compagnie de deux étudiants vietnamiens forts sympathiques, rencontrés lors de notre arrêt à la pompe à essence !
- à la pagode Bai Dinh, très longue et encore en construction (à l’intérieur, 3 grands Bouddhas en résine dorée),
- au village de Kenh Ga : nous y observons l’intense activité de ce beau village au bord de l’eau : ici une école bruyante, là des joueurs de billard, ou encore des cochons dans un bateau…
Nous sommes impressionnés par les villageois qui rament avec leurs pieds (la spécialité locale) : il faut avoir une bonne dextérité pour maintenir la rame au creux du talon. L’effet visuel est saisissant : le bateau avance lentement au rythme de la vie indolente du village.

Nous consacrons notre dernière journée à Nin Binh à la visite du site de Tam Coc encore appelé « la Baie d’Halong Terrestre ».
Le ciel est gris et bas : cela décourage les touristes et nous sommes presque seuls dans une belle vallée de rizières encadrée de rochers plus ou moins hauts et épais.
La balade en bateau est agréable et paisible : nous remontons en 2 heures le cours de la rivière.
Les rochers semblent être sortis de la terre comme poussés par une force inconnue. Autour de nous, nous voyons des paysannes s’activer dans les rizières, d’autres paysannes tentent de vendre des vêtements locaux et autres objets artisanaux.

Tout irait pour le mieux si nous n’avions pas eu l’idée d’explorer la ville de Ninh Binh après une journée déjà bien chargée.
En négociant un demi-tour sur la voie rapide, notre scooter dérape sur des gravillons en fin de parcours et chute du côté droit… Il ne faut jamais tourner le volant sur des graviers ou de la terre ! (enseignement de nos chutes à répétition).
Nos genoux ont souffert de cette chute notamment Stéphane qui marche très difficilement et descend les escaliers accroché à la rampe (5 étages à l’hôtel d’Hanoi, la galère !).
Du coup, nous annulons notre périple scooter vers les villages des métiers autour d’Hanoi : nous allons nous reposer et panser nos plaies.




8 avril 2011

Hanoi : une capitale asiatique authentique

Hanoi est la capitale administrative du Vietnam, c’est une ville de 3 millions d’habitants, plus petite qu'Ho Chi Minh (ex Saigon) au Sud (le poumon économique du pays) mais dont l’animation permanente en fait une ville profondément humaine et attachante, une ville authentiquement asiatique.
L’agglomération est très étendue mais le centre historique se parcourt facilement à pied : c’est le top pour les trekkeurs urbains que nous sommes, le spectacle est dans la rue !

Lorsque nous arrivons à 5h30 du matin, Hanoi est encore endormie : il y a peu de monde dans les rues encore silencieuses.
Cela ne va pas durer : dès 8 h, la circulation de scooters se densifie, les restaurateurs installent les tables et tabourets plastiques sur les trottoirs, les vendeuses de fruits ou de soupes circulent dans les rues en quête de clients…

Dans notre imaginaire, les déplacements urbains en Asie se faisaient en vélos et pousse-pousse.
Progrès oblige, aujourd’hui les pousse-pousse sont réservés aux touristes (il s’agit d’ailleurs de compagnies et non de « cyclo chauffeurs » indépendants comme en Birmanie) et les vélos ont quasiment disparus : remplacés par des scooters japonais.
Des milliers, des millions de scooters sillonnent les rues d’Hanoi ! (les trottoirs aussi quand la rue est à sens unique ou trop engorgée). Il n’est pas rare de voir les vietnamiens faire leur course (pains, fleurs, clés, jouets…) sans même descendre de leur scooter.
Leur nombre est impressionnant aux carrefours, aux feux rouges… et pourtant il y a peu d’accidents.
Stéphane a roulé à bord d’un scooter aux heures de pointe : il s’agit de zigzaguer entre les scooters, le camion de benne à ordures, les voitures et les piétons !. Cette expérience de la ville est à ne pas manquer mais il faut avoir le cœur bien accroché et faire confiance au conducteur !

Hanoi est une ville bruyante, le bruit de la circulation (les scooters et voitures klaxonnent sans arrêt) est assourdissant et il est parfois couvert par le bruit des télés et radios que les commerçants ouvrent à fond. Et la nuit, ce sont les chiens et les coqs qui prennent le relais !
Nous avons fini par trouver une chambre à petit prix sans fenêtre (donc moins de bruit) dans un hôtel central et relativement propre.


 
Le centre historique d’Hanoi est relativement peu étendu et se visite aisément à pied.
Le quartier à ne pas manquer est celui des 36 rues au Nord du lac Hoam Kiem.
Il s’agit d’un dédale de rues à l’urbanisme surprenant (les styles architecturaux de différentes époques cohabitent joyeusement) : chaque rue représente un métier ou une activité.
Nous avons aimé la rue des jouets (très colorée), ou la rue des bambous (alignement de troncs de bambous) ou encore la rue des lampions chinois dont la couleur rouge se reflète au soleil.
Une fois de plus, c’est l’effervescence qui règne dans les rues de ce quartier populaire surtout au moment du déjeuner sur le trottoir à la bonne franquette.
Concernant les achats, il n’y a pas de très bonnes affaires : nous sommes déçus par les vêtements surchargés de dessins et logos de marques (de la mauvaise contrefaçon genre le tee-shirt Hermès).

A l’Est du lac central, nous parcourons le quartier de l’Opéra (une élégante petite copie du Palais Garnier datant de 1911) et ses avenues larges et ombragées dans le plus pur style colonial français.
La façade blanche du Palace Métropole Sofitel est un brillant exemple de ce style, une architecture élégante qui contraste avec le blockhaus stalinien de l’hôtel de ville proche.

Nous gardons un souvenir mitigé des musées de la ville : ils sont vieillots et manquent d’information pour guider les visiteurs.
Le thème du musée de la Révolution est très mal exploité : les différentes salles montrent des objets et photos qui concernent la genèse et l’expansion du mouvement communiste sans les remettre dans le contexte historique, dommage…

Autre musée décevant : celui consacré au dirigeant Ho Chi Minh, un musée terne sans aucune explication. D’ailleurs les visiteurs parcourent les salles à la vitesse grand V !

Nous avons tenté de nous rendre au Mausolée Ho Chi Minh mais nous avons été découragés par la gigantesque file d’attente devant le bloc de béton (la dépouille du dirigeant y est entreposée contre sa volonté) ; nous avons mal choisi le jour (un dimanche ensoleillé) et l’heure (fin de matinée). Oncle Ho fait encore l’objet d’une vénération populaire de la part des vietnamiens.
Nous nous rabattons sur sa maison qui se visite aussi mais qui ne présente pas grand intérêt.

La prison de Hoa Lo mérite le détour. Ce centre pénitentiaire a été construit par les français en 1896 pour y emprisonner les révolutionnaires. La visite permet de se rendre compte des très mauvaises conditions de vie des détenus enchaînés en permanence dans de minuscules cellules, sans compter l’hygiène déplorable cause de décès par maladie (décompte annuel macabre affiché dans une des salles). Les Français auraient utilisé la torture à l’huile bouillante pour faire parler les détenus récalcitrants, pas glorieux…
Par la suite, cette prison a accueilli les pilotes américains prisonniers au moment de la guerre du Vietnam dont l’ex-candidat à la présidentielle américaine John McCain.

Une prison pleine de soldats américains au cœur d’Hanoi, c’est une idée intelligente des dirigeants vietnamiens qui a permis de protéger la ville des bombardements américains et de préserver son patrimoine historique.





4 avril 2011

Exploration du nord du Tonkin Vietnamien

La région de Dien Bien Phu est le grenier à riz du Vietnam : partout des rizières de couleur vert tendre, des terrasses construites sur les flancs escarpés des montagnes.
Les paysans exploitent avec ingéniosité et courage le moindre espace de terre, un travail de titan que de construire ces terrasses de montagne !

Dien Bien Phu (DBP) est devenu il y a quelques années la capitale administrative du Nord du pays : la bourgade s’est développée autour des administrations qui s’y sont progressivement installées.
Le centre ville n’a pas beaucoup de charme mais l’activité du marché ou des rues est très intéressante à observer. C’est un Vietnam authentique populaire loin des circuits touristiques.
Nous découvrons notamment au marché une boisson favorite des vietnamiens : l’alcool avec infusion de vers jaunes. Ceux-ci sont extraits d’une sorte de bambou.
Les pousses de bambou sont aussi très prisées. Elles sont en partie exportées du Laos voisin (notre bus entre le Muang Khua et DBP en était rempli). Nous en avons « dégusté » lors de notre trek près de Phongsaly au Laos. C’est amer…
Les vietnamiens mangent de tout et n’importe quoi : du chien, des crabes farcis, des vers et asticots de toutes formes… Lorsque nous entrons dans une restaurant local sans menu et que la patronne n’est pas capable de nous expliquer l’origine de la brochette ou du morceau de viande, nous ne prenons pas de risques : omelette et riz !
Les coiffeurs exercent sur le trottoir accrochant leur miroir et ustensiles à la façade d’un immeuble, un rebord de fenêtre où clôture de parc…

DBP est surtout connue pour nous français comme étant le lieu d’une grande bataille dans les années 50, une défaite sanglante de la France (4000 morts, 10000 prisonniers dont 1/3 seulement rentreront vivants en France) et un traumatisme pour tout le pays.
Pourquoi l’armée française a perdu la bataille de DBP et donc ses territoires en Indochine.
Il y a plusieurs raisons à cela (armée française démotivée, ennemi sous estimé…) mais il suffit de se rendre sur le terrain pour comprendre que la configuration des lieux est probablement la cause majeure de la défaite française.

Configuration du terrain de DBP
En effet, les français ont installé leur camp retranché dans une cuvette entourée de collines et de montagnes dont certaines sont à moins de 1000 m du centre de la cuvette.
Le camp était à la merci des canons vietnamiens installés au sommet des montagnes. Les troupes vietminh encerclent le camp et observent les moindres faits et gestes des français.
Autre inconvénient du site de DBP : son éloignement qui le rend complètement dépendant du ravitaillement aérien.
Ajoutons à cela une mobilisation très forte du peuple de paysans et d’ouvriers à l’effort de guerre. Dans le musée de la révolution que nous visiterons à Hanoi, nous verrons des photos de cortèges de paysans en train d’alimenter les soldats au front, mais aussi d’hommes qui construisent des routes et des ponts, des milliers de fourmis qui vont battre en une guerre éclair (56 jours) les impérialistes français.

Les positions françaises
Aujourd’hui sur le terrain, il ne reste plus grand-chose de cette bataille.
Nous visitons la colline Eliane / A1 (le camp français comportait plusieurs petites collines portant des prénoms féminins), celle qui a résisté le plus longtemps aux assauts des vietminh : au sommet, près d’un char rouillé, nous entrons dans une des tranchées. Nous imaginons la vie des soldats dans ces minuscules trous attaqués par les bombes et les obus ennemis…

Plus loin, nous visitons le bunker QG des français : il s’agit d’un bâtiment de béton et de tôle enfouit sous terre et divisé en 4 pièces. Toutes sont vides hormis quelques cartes du front accrochées aux murs. Il règne dans cet endroit un profond silence ; nous avons l’impression que ce QG est encore habité par les fantômes des officiers français…
Le Monument du Souvenir français est bien discret et sobre par rapport au grand cimetière militaire vietnamien.
Aucune explication en français dans les sites visités. Surprenant, peut-être une façon de plus de nous rappeler notre défaite ?



Dès le lendemain, nous quittons DBP en minibus en direction de la ville de SAPA dans les montagnes.
Le conducteur roule très vite mais il est limité dans son élan par la qualité de la route : celle-ci en travaux sur la quasi-totalité du parcours (8 h) ! C’est bien une preuve du renouveau du Vietnam, un pays en croissance qui construit tout azimut : routes, ponts, maisons…
Les paysages de rizières en terrasses en montagne sont très beaux à voir. Au fur et à mesure que nous avançons, les montagnes en forme de pics se font plus sauvages et plus escarpées.
Peu avant Sapa, notre bus entre dans un épais brouillard, un frog qui persistera tout au long de notre séjour dans cette ville la bien nommée « la cloudy city ».
Ce brouillard a l’avantage de cacher les hôtels (barres de béton) qui poussent comme des champignons le long de la rue principale.
La ville a été dénaturée par le tourisme de masse et a perdu toute son authenticité. Les touristes étrangers sont très présents en semaine et, les week-ends, la ville est assaillie par les vietnamiens d’Hanoi.
Les touristes qui descendent la rue principale pour un pseudo trek dans la vallée sont suivis par des hordes de femmes Hmong pendant un bon moment (nous avons été suivis par 6 femmes pendant plus de 2 heures, très bucolique !). Issues des villages voisins, ces femmes sont de redoutables commerçantes : en très bon anglais (certaines ont reçu des cours dispensés par des ONG), elles tentent de vous vendre (et y arrivent !) leurs souvenirs ou leurs services.
 

Nous comptions faire un trek de 2 jours dans la vallée principale vers le Sud en direction de Giang Ta Chai. Certes, le sentier offre de très beaux points de vue sur la vallée constituée de multiples terrasses de rizières en étages successifs.
Mais la traversée des villages (notamment celui de Ta Van) est un cauchemar pour les visiteurs en quête d’authenticité : successions de boutiques de souvenirs et d’hôtels.
Du coup, nous avons décidé de prendre le train de nuit pour Hanoi le soir même !

Heureusement que, la veille, nous avions été nous balader au Nord de Sapa en direction du village de Ta Phing. C’est une promenade bien sympathique, sans touristes qui commence par la vraie vie des faubourgs de Sapa (maisons en argile, garde d’enfants, panneaux informatifs sur l’alimentation …) pour très vite se retrouver au milieu de rizières labourées par des buffles (ou par des machines pour les paysans les plus riches) avant la plantation du riz.
Peu après le village de Matra, nous nous sommes incrustés dans une famille pour y déjeuner des noodles à la crevette pimentée.
Au fur et à mesure de notre avancée, la visibilité a décru (brouillard) et le sol est devenu de plus en plus boueux : nos chaussures s’enfoncent complètement dans la boue, ce sont de bottes qu’il nous faudrait !

Comme dans la province de Phongsaly au Laos, les femmes de l’ethnie Hmong sont habillées d’une tunique noire finement brodée. Dans le village (hautement touristique) de Ta Phing, c’est l’ethnie Zao qui prédomine : les femmes portent un bonnet rouge sur la tête qui semble s’épaissir avec l’âge.
Nous ne verrons pas, faute de temps, l’ethnie Zay.
Un routard nous a soufflé le bon plan pour voir les ethnies tranquillement : se rendre au village de Bac Ha à une cinquantaine de kilomètres de Sapa, à visiter lors d’un prochain voyage !


Nous avons pris le train de nuit vietnamien, un autre bon plan : il est ponctuel, confortable, sécurisant et relativement bon marché. Nous avons pu dormir correctement contrairement à la plupart des bus asiatiques de nuit.
Et au petit matin, nous sommes au cœur d’Hanoi.




Le Laos : bilan et impressions


Le Laos est un petit pays et 3 semaines de séjour nous ont semblé suffisantes pour le découvrir.
Voici le bilan de notre séjour :

Nous avons aimé :
- Le plateau des Bolovens, en particulier la cascade de Tad Lo et la super balade à dos d’éléphant,
- La « ville musée » de Luang Prabang, probablement l’une des plus belles villes d’Asie,
- La beauté sauvage de la rivière Nam Ou en particulier au niveau du village de Muang Ngoi.


Nous avons moins aimé :
- L’accueil au mieux distant au pire désagréable et inefficace de la plupart des hôteliers et restaurateurs du Laos.
- La nourriture grasse, répétitive (fritures sous toutes les coutures) et parfois limite en terme d’hygiène.

Et nous?
Pas de problèmes à signaler ! pas de souci de santé (le mal de tête de Christophe s’améliore lentement) et le moral est toujours aussi bon.
Nous avons eu du mal à supporter le manque de choix et la qualité de la nourriture au Nord du Laos…



Le Laos est un pays de petite taille (la moitié de la superficie de la France), le moins peuplé d’Asie ce qui tranche avec ses voisins Chinois ou Vietnamiens. Il est possible de parcourir certaines provinces et de n’y rencontrer que peu de monde. Les amateurs de forêts et d’espaces sauvages (encore) vierges seront comblés.

C’est un pays pauvre sans réelle richesse économique hormis l’exportation d’électricité produite par les barrages hydro-électriques du Mékong.
Le pouvoir communiste (parti unique) a bien compris la fragilité du pays et a ouvert très largement le Laos aux investisseurs étrangers. Il a également permis le développement de la propriété privée, un communisme capitalisme en somme.
Mais le pays essentiellement agricole (80% de la population est paysanne) importe la majorité des produits manufacturés notamment de Thaïlande.
D’ailleurs, l’influence thaïlandaise est si importante (économique, culturelle : les laotiens adorent les comédies soaps thaïs) que nous avons l’impression que ce pays veut recoloniser son ancienne province.

Les laotiens vivent en villages, chaque famille cultive quelques hectares de terre. Les récoltes sont rythmées par les pluies et la sécheresse ; la notion de productivité et de rendement n’est pas entrée dans les mœurs. C’est une vie simple et rustique à l’image de celle qui prévalait en Europe au début du 20ème siècle.

Une vie indolente aussi : nous avons remarqué que beaucoup de Laotiens (surtout les hommes) ne faisaient pas grand-chose durant la journée : ils traînent devant leurs maisons, sur les hamacs…
Ce manque de tonus contraste avec l’activisme des vietnamiens ou des thaïlandais.
Les pays étrangers aident beaucoup le Laos : la France a financé des infrastructures (routes, marché…), le Vietnam et la Chine construisent des routes, le FMI distribue près de 50$ par an et par habitant. Les laotiens seraient-ils donc des assistés ?
Une citation asiatique que nous avons entendue au Laos résume bien la situation : « les vietnamiens cultivent le riz, les laotiens le regardent pousser et les cambodgiens le mangent » (sous entendu : les vietnamiens bossent, les laotiens se reposent et les cambodgiens en profitent grâce aux aides des ONG).

Contrairement aux avis de la plupart des voyageurs revenant du Laos, nous n’avons pas été conquis par la mentalité laotienne. Les habitants sont d’un naturel introverti, assez réservés et ils ne font pas beaucoup d’effort pour s’intéresser aux visiteurs extérieurs. Il est vrai qu’il y a la barrière de la langue : peu de laotiens parlent l’anglais ou le français.
Néanmoins, lorsqu’il y avait établissement d’un début de contact avec un laotien, nous avons souvent ressenti que c’était intéressé (vendre un objet…).
Malgré tout, les laotiens aiment faire la fête « la Boum » et boivent beaucoup : nous avons été plusieurs fois invités à boire la Beerlao (l’institution nationale) ou la Lao Khao (à base de riz fermenté). Ils sont également de très bons joueurs de Pétanque, un souvenir de la colonisation française !


Le coût du séjour touristique au Laos.
Notre budget moyen par jour et par personne est d’environ 17 euros, soit le budget moyen le moins élevé depuis le début du voyage ; record à battre !
Au Laos, nous avons particulièrement optimisé le budget logement avec un prix moyen de la chambre double à 5-6€ ! Néanmoins, le Laos est un pays un poil plus cher que la Thaïlande ou le Cambodge, notamment en terme de nourriture.

Quelques exemples de prix :
Nuit d’hôtel, la chambre double : de 50 à 70000 kips / 4 à 6 euros (le confort de la chambre est très variable selon la ville mais la propreté est en général au rendez-vous).
Bus : env. 20000 kips / 1,8 euro par heure.
Les stations de bus sont excentrées par rapport au centre ville (jusqu’à 10 km à Vientiane) : il faut donc prendre un tuk-tuk pour s’y rendre (cela fait marcher le commerce !) et bien s’assurer de la bonne station de bus (une petite ville comme Phongsaly a 2 stations de bus !).
Restaurants : un plat est à environ 15 à 20000 kips / 1 à 1,8 euro.
Lieux culturels : 15 à 20000 kips / 1 à 1,8 euro.
L’accès à certains sites sauvages comme des cascades est curieusement payant, mais où va l’argent ?

Au niveau des souvenirs, il n’y a pas grand-chose à acheter au Laos. D’ailleurs, le seul marché d’artisanat du pays à Luang Prabang ne vend majoritairement que des objets « made in China ».
L’artisanat laotien, c’est essentiellement du tissage (soie, coton : foulards, couvre lits…) et la joaillerie (nombreuses bijouteries à Vientiane).


- Superficie : 236 800 km².
- Population : 6,7 million d'habitants.
- Religion officielle : bouddhisme (67 %).
- Régime politique : république à idéologie marxiste depuis 1975.
- Capitale : Vientiane.
- Chef de l'État : le lieutenant général Choummaly Sayasone (depuis 2006).
- Langues : lao, dialectes thaï (hmong, mon-khmer et sino-tibétain), français et anglais.
- Monnaie : kip (1€ = 11100k le 1/03/11).
- Espérance de vie : 55 ans.

27 mars 2011

A la rencontre des ethnies du Nord du Laos

La région Nord du Laos est enclavée et difficile d’accès par le bus : les pistes de terre qui s’enfoncent dans la forêt sont impraticables au moment de la saison des pluies.
Le meilleur moyen (et le plus sympa aussi !) est de remonter en bateau le Mékong puis la rivière Nam Ou : c’est ce que nous allons faire de Luang Prabang jusqu’à Phongsaly au Nord du pays, soit plus de 400 km de bateau en 3 jours.



1ère journée en bâteau.
C’est une pirogue à fond plat avec des sièges d’avion qui nous attend à l’embarcadère de Luang Prabang ; pas très esthétiques ces sièges gris mais bien confortables !
Après avoir remonté rapidement les 35 km du Mékong, nous quittons le fleuve mythique pour son affluent : la rivière Nam Ou.

Nous étions déjà la veille à l’intersection entre les deux cours d’eau.
En effet, à cet endroit se trouvent les grottes de Pak Ou. Il s’agit de deux trous dans la falaise calcaire qui surplombe le Mékong : ces grottes abritent des centaines de statues de Bouddhas (jusqu’à 6000) de toutes tailles, de tous matériaux. Les statues ont été déposées sur les rochers par les fidèles lors des fêtes religieuses.
La grotte la plus proche du fleuve est plus impressionnante que l’autre, sans doute parce que les Bouddhas se devinent dans la pénombre avec en arrière plan une très belle vue sur le Mékong.
Malheureusement, l’affluence touristique trop importante ne permet pas de profiter pleinement de la sérénité des lieux…


Notre bateau entre dans la rivière Nam Ou : les rives plus proches nous permettent d’admirer l’activité intense des pêcheurs et des orpailleuses : situées généralement aux courbes de la rivière, nous les voyons utiliser des grands tamis en bois afin de rechercher le métal précieux.
Nous traversons de splendides paysages : les montagnes se succèdent, la vallée de la rivière est parfois très encaissée.
Cette navigation est vraiment plus belle que sur le Mékong !

Mais, du fait du faible débit de la Nam Ou (fin de la période sèche), le bateau remonte des rapides de plus en plus accidentés. Nous admirons la dextérité du chauffeur qui parvient à éviter les rochers (à certains endroits, la rivière n’est profonde que de quelques centimètres !) et à remonter les rapides sans que le bateau ne tourne.
Seul problème : à cause des rapides, l’eau entre par vagues dans le bateau et comme nous sommes à l’avant, nous sommes bien arrosés ! La météo n’étant pas terrible (froid et vent), nous arrivons frigorifiés à Nong Khiaw.
Le temps de retirer de l’argent à un hôtel qui se commissionne grassement au passage (cela nous apprendra à ne pas anticiper nos besoins en argent !) et nous repartons en milieu d’après-midi pour Muang Ngoi.

Muang Ngoi est un village isolé qui surplombe le lit de la rivière : à cet endroit, la Nam Ou est entourée de montagnes en forme de pics, très beau !
Le village n’est accessible qu’en bateau : pas de véhicule à moteur mais une simple route parallèle à la rivière où se sont regroupées les maisons des villageois. Les enfants jouent dans les jardins ou sur la chaussée au milieu des poules, chiens et cochons.
L’atmosphère est sereine, agréable, une ambiance du bout du monde qui nous séduit : nous posons notre sac ici pour 24 heures !
Et en plus, nous logeons dans des bungalows avec douche chaude au gaz : c’est du luxe ici car les autres guesthouses ne proposent que de l’eau chauffée au solaire, et, étant donné la météo…
Autre bonne surprise : un restaurant propose un buffet « All you can eat ! » pour 1,5€ : le petit déjeuner avec purée de pomme de terre aux oignons et pancakes à la banane à volonté est pantagruélique !

A l’extrémité de la rue, nous visitons le temple Bouddhiste du village. Nous sommes surpris de voir des villageoises remonter de la rivière vers le temple en portant des sacs de sable de 25 kg !
La notion du travail ici est bien différente de celle en Europe : les femmes travaillent dur dans les champs alors que les hommes restent à la maison et s’occupent des enfants…

A l’arrière du village de Muang Ngoi, un sentier nous conduit vers une grotte, profonde mais sans grand intérêt. Plus loin, nous traversons des terrasses de rizières. Le vert tendre des champs contraste avec la forêt sombre des montagnes en arrière plan.
Notre balade se poursuit dans un village traditionnel avec encore beaucoup d’enfants et d’animaux.
Deux adolescents s’éloignent avec des fusils à plomb : nous les suivons discrètement. Mais la chasse n’est pas très fructueuse : les oiseaux et petits gibiers sont rares…
C’est une belle journée de plein air dans la campagne et la forêt.


Lors de notre 2ème journée en bateau, nous remontons en 6 heures la Nam Ou jusqu’au village de Muang Khua.
Les paysages sont toujours aussi beaux et variés et nous sommes plus au sec à l’arrière du bateau. Pas de touriste avec nous mais que des laotiens qui montent ou descendent au gré des escales du bateau. A divers endroits, nous croisons des radeaux de bambous immobilisés et pourvus de moteur à hélices : celles-ci tournent sous l’action de l’eau et permettent de fournir de l’électricité au village proche. Astucieux et 100% écolo.
Muang Khua est également une simple escale technique tant le bourg manque d’intérêt. De plus, la pluie et le froid ne nous incitent pas à découvrir ce village !

Notre 3ème et dernière journée en bateau nous conduit en 7 heures à Hatsa, port situé à une vingtaine de km de Phongsaly, notre destination finale.
Cette portion de rivière est encore plus belle que les autres car plus sauvage : plus nous montons vers le Nord, moins il y a d’habitations et de villages. La Nam Ou est encore plus indomptable que les jours précédents et il faut deux conducteurs pour manœuvrer notre bateau !
Malheureusement, nous constatons les ravages de la déforestation incontrôlée : culture sur brûlis par les paysans laotiens et exploitation de bois rares par les vietnamiens. Des pans de montagnes sont dénudés…

Nous arrivons à Hatsa en fin d’après-midi. Nous attendons la navette près du marché (une pancarte indique que le marché a été reconstruit avec l’aide financière de la France…) mais celle-ci ne vient pas.
Christophe s’impatiente et décide de prendre les choses en main : plusieurs laotiens attendent également mais aucun ne prend l’initiative de commander un tuk-tuk. Ils attendent que d’autres le fassent à leur place ! curieuse notion du temps ou l’art de perdre son temps…
Nous négocions avec le chauffeur tuk-tuk le trajet vers Phongsaly pour un prix exhorbitant, mais nous n’avons guère le choix… quatre autres laotiens nous emboitent le pas et nous voilà partis alors que la nuit tombe.

Phongsaly est située à l'extrême Nord du Laos. Cette ville est le chef-lieu de la province du même nom, province la plus isolée du pays et entourée sur les trois côtés par la Chine et le Vietnam.
D’ailleurs, la présence chinoise est marquée ici : les chinois gèrent les hôtels et restaurants.
Située au sommet d’une montagne, la ville est froide au sens propre (10-15°C et forte humidité) comme au sens figuré : les bâtiments sont laids, les rues tristes, les habitants indifférents à notre passage. Notre hôtel est glauque et sale : le genre de bâtiment bunker que l’on rencontre dans les pays d’Europe de l’Est.
La restauration est médiocre : les 2-3 restaurants de Phongsaly servent la même nourriture (fried rice…) dans des salles repoussantes.
Heureusement, nous faisons la connaissance d’Isabelle et de Jean-Pierre !
Originaires de Besançon (Pontarlier précisément), ils font comme nous un tour du monde depuis 7 mois et ont traversé plusieurs pays que nous avons visités. Nous passons la soirée à discuter de nos aventures, de regarder photos et films et à refaire le monde !

Pourquoi donc avoir été à Phongsaly? parce que cette ville est la base idéale pour découvrir quelques unes des 20 minorités ethniques que comptent la province.
D’ailleurs, dès le lendemain de notre arrivée, nous visitons le village de Phounoy à une vingtaine de kilomètres de Phongsaly. Nous traversons des plantations de théiers adossées aux versants des collines. Les feuilles de thé fraîchement coupées sèchent sur de grandes toiles au bord du chemin.
Nous étions partis à pied sans aucune notion de la distance à parcourir, heureusement un pick-up nous a spontanément véhiculé jusqu’au village via un sentier complètement cabossé ! Nos chauffeurs sont une délégation du ministère du tourisme en visite dans la province. Quelle chance ! Nous avons droit au traditionnel thé d’accueil, nous n’échappons pas au lao lao (alcool de riz) et bénéficions d’une visite guidée…

Le village est fier de détenir des théiers vieux de 400 ans ! L’arbre étant grand, nous voyons des gamins dans les branches en train de cueillir les feuilles ; le thé vert ou noir sera vendu sous le millésime « 400 ans ».
L’ethnie Phounoy est d’origine tibéto-birmane. Les femmes portent un costume traditionnel noir brodé d’or et de guêtres de coton pour se protéger des sangsues.



Nous aurions bien aimé avoir cette protection lors de notre randonnée dans la jungle de deux jours avec Isabelle et JP. Ces bestioles s’attaquent à nos pieds, passent à travers la chaussette et pompent notre sang. Alerté par notre guide, nous scrutons anxieusement nos pieds toutes les 5 minutes.
Ce trek, organisé par l’office de tourisme de Phongsaly (50% de la recette ira au village), a pour but de découvrir la minorité Akha dans un village perdu dans les montagnes.
Après une journée de marche dans la forêt dense, nous arrivons en fin d’après-midi au village.
Celui-ci est constitué d’une vingtaine de maisons en bois sur pilotis perchées sur une colline de terre.
Stéphane est ravi de revoir les animaux de la ferme : poules, truies et ses porcelets, chiens cohabitent joyeusement ! Les enfants jouent avec des coqs dociles. Les hommes sont assis et nous dévisagent à distance. Les visiteurs ne sont pas fréquents ici…

A la tombée de la nuit, les femmes rentrent des champs la hotte chargée de bois ou d’outils (pioche). Elles portent une tenue noire sobre finement brodée ainsi qu’une coiffe de forme carrée. Ces villageoises sont coquettes : au cou, de beaux colliers de grandes pièces d’argent françaises, vestiges de la colonisation.
Stéphane est invité à partager le thé avec une famille : les enfants sont émerveillés par les photos de famille sur l’iPhone.

Après le dîner (de la bonne cuisine locale ; notre voisin fume de l’opium !) et la douche nocturne à la fontaine du village (beaucoup de spectateurs curieux lorsque Stéphane a enlevé ses lentilles de contact !), nous sommes massés par des villageoises de 12 à 30 ans. Ce pseudo-massage est très douloureux surtout pour les pieds qui sont écrasés et malaxés.
La nuit fut courte : dès 3 h du matin, les coqs du village commencent à chanter. Cela commence par un coq (sans doute le chef) suivi des autres. Ils sont nombreux les coqs ici !
Et, vers 6 h, la radio se met à rugir : d’abord une voix monocorde qui lit un texte puis une musique aux accents soviétiques retentit. Quoi de mieux qu’un réveil militaire pour commencer la journée !

Après le petit-déjeuner, nous retournons à Phongsaly.
C’est une expérience intéressante que de rencontrer des populations isolées à la culture différente. Mais quelle frustration que de ne pas pouvoir communiquer avec les habitants !


Nos derniers jours au Laos sont des journées de transit : retour à Muang Khua en bateau et départ en bus vers le Vietnam.
Isabelle et Jean-Pierre descendent vers le Sud du pays : nous les quittons avec regret.
Il nous faut plus de 5 h pour parcourir les 100 km de route qui nous séparent de la frontière vietnamienne. Nous empruntons une route en construction, des travaux effectués avec l’aide des vietnamiens.

Notre petit bus est archi rempli de pousses de bambous (un commerce lucratif vers le Vietnam !), de gros sacs et… d’un scooter sur l’allée centrale. Une passagère transportera même de la viande de buffle fraichement tranchée dans deux sacs plastiques au dessus de nos têtes !
Mais la bonne humeur est de mise dans le bus car le passage à la frontière est rapide et sans bakchich ! Cette frontière vers Dien Bien Phu n’est ouverte que depuis peu aux touristes étrangers, il s’agit de ne pas les décourager.