17 février 2011

Les splendeurs du lac Inle


Le lac Inle situé au cœur du plateau Shan à l’Est du pays est la dernière étape de notre voyage en Birmanie.

Pour s’y rendre, nous prenons au petit matin (4 h) un bus local très ancien : le plancher est en bois, la porte d’entrée ne se ferme plus et les banquettes sont très dures (pitié pour les lombaires) et peu espacées (Stéphane manque de place pour caser ses grandes jambes).

Douze heures de voyage cauchemardesque au niveau du confort !
Et pour corser le tout, le bus s’arrête à chaque village et les gens s’entassent là où il y a de la place (en version locale cela veut dire des tabourets en plastique dans le couloir et sur le toit pour les plus téméraires!).
Dans la deuxième partie du trajet, plus montagneuse, le bus s’arrête à plusieurs reprises pour asperger d’eau le moteur et éviter la surchauffe.
Vers la fin du parcours, nous sentons une odeur de brûlé vers l’avant : c’est une panne de freinage heureusement rapidement réparée par le chauffeur mécano.
Nous nous souviendrons aussi de la station à essence locale : pas de pompe, le réservoir est rempli au seau…

Le pire, c’est l’état des routes : la chaussée est complètement défoncée sur la totalité de notre parcours, nous sommes ballotés en permanence, le bus ne dépasse pas les 50 km/h.
La junte préfère investir dans l’armée plutôt que dans les infrastructures.

C’est une campagne d’un autre âge que nous traversons : c’est comme si la vie s’était arrêtée en France en 1900 !
Le matériel agricole, lorsqu’il existe, est obsolète. Les bœufs et charrues sont dans les champs, les personnes sont transportées à cheval, la canne à sucre est coupée à la main…
C’est très beau à regarder, à photographier mais le travail manuel des paysans doit-être difficile.
Nous sommes une nouvelle fois frappés par la pauvreté des villages et des habitants qui y vivent. Les enfants traînent dans les rues ou devant leur maison au lieu d’être à l’école.

Nous traversons une vallée dont la terre est riche du fait des sédiments apportés par le fleuve Ayeyarwaddy. Et pourtant, faute d’irrigation et de techniques culturales plus évoluées, les rendements agricoles sont dramatiquement faibles.
Les champs de tournesol sont chétifs, les cultures de colza sont clairsemées les parcelles de petites tailles…
La Birmanie importe nombre de denrées agricoles (pommes, poires…) alors que le pays était encore, au moment de son accession à l’indépendance, le premier producteur mondial de riz…


En fin d’après-midi, nous arrivons au village de Nyaungshwe situé à quelques kilomètres du lac Inle.
Après le marathon des derniers jours, nous décidons de nous poser ici quelques jours.
Nyaungshwe est une bourgade où il fait bon vivre : peu de bruit (les voitures sont rares), le climat est ensoleillé et pas trop chaud en journée (propice aux balades en vélo). En soirée (full moon party), les gens chantent dans la rue et les bars restent ouverts tardivement…

Le village regroupe les hôtels et restaurants économiques de la région.
Il faut payer beaucoup plus chers (70 à 160 $ la nuit) pour bénéficier du coucher du soleil au bord du lac. Mais ces hôtels appartiennent au gouvernement ou aux généraux en retraite, à éviter. Ils sont envahis de groupes organisés (principalement italiens ou russes), ce qui n’est pas notre tasse de thé.

Proche de notre hôtel, le marché traditionnel propose des fruits et légumes frais, des poissons pêchés dans le lac et des morceaux de viande, tout cela dans la poussière et les mouches (que la vendeuse tente de disperser par aspersion d’eau, sans succès).

Cette région est la terre du peuple Intha. Le niveau de vie est ici plus aisé qu’ailleurs en Birmanie grâce à la diversification de l’agriculture et au tourisme.

Nous explorons en vélo les villages environnants. L’activité dans les champs est passionnante à observer : des vaches squelettiques (avec une bosse proéminente vers l’avant) sont utilisées pour labourer les champs, des femmes coupent la canne sucre dont la hauteur est impressionnante (3-4 m), les femmes nettoient les vêtements aux cours d’eau et se lavent également pudiquement à l’abri des regards, les bœufs sont chevauchés par des gamins de 5 ans et sont conduits vers la rivière pour la baignade de la journée…
Les maisons majoritairement en bambous, plus rarement en bois sont sur pilotis et donnent sur les canaux ou rivières. Certaines semblent si fragiles qu’un coup de vent suffirait à les aplatir.

Sur le chemin au milieu des champs, nous visitons une micro usine qui traite la canne à sucre : pressage de la canne, chauffage et concentration du jus dans de grandes marmites et obtention d’un liquide noirâtre prisé des mouches, liquide dont nous ne connaissons pas l’utilisation.

Il y a même un vignoble sur le flanc Ouest de la montagne : 75 hectares de vignes. Au moment de notre passage, le raisin est récolté en vue du pressage, fermentation et mise en bouteilles.
Les bouteilles de vin blanc ou rouge sont vendues 10 $ aux touristes du pays (pas d’exportation pour cause d’embargo).
Nous discutons longuement avec le directeur de l’usine, François, un français qui vit en Birmanie depuis 9 ans. Il a conçu l’usine de A à Z bénéficiant des moyens importants du propriétaire (il s’agit du chef de l’ethnie locale, très riche grâce au commerce frauduleux des pierres précieuses, en complicité avec la junte militaire).
François nous affirme que le nombre de touristes a dégringolé après la répression de la révolte des moines de 2006 et le cyclone de 2007 (tous les hôtels étaient vides). Depuis, le tourisme a repris (200 à 300 000 visiteurs annuels) sans égaler la fréquentation des pays voisins (15 millions en Thaïlande, 3 millions au Cambodge…).


Nous trouvons le temps de visiter des monastères : ceux-ci sont sobres, tout en bois.
La façade en bois du monastère de Shwe Yan Pyay a des ouvertures rondes permettant, avec chance, d’y observer les monks en train d’étudier.
Nous entrons dans un autre monastère près du lac. Nous y voyons des jeunes moines réunis dans la grande salle qui étudient, ou plutôt, font semblant de lire leurs livres. Des avions papier et des boulettes volent !
Stéphane est accueilli par 3 moines du monastère Moke Thoke : échange de photos autour du thé. Malheureusement, la discussion est limitée car les moines ne parlent pas l’anglais.



Le surlendemain de notre arrivée, nous partons explorer le lac au cours d’une journée qui restera inoubliable.
Entouré de montagnes, le lac Inle immense s’étire sur plusieurs kilomètres. Sa profondeur varie de quelques centimètres à 6 mètres.
Confortablement assis dans notre pirogue à moteur, nous commençons la descente du lac vers le Sud.

Autour de nous, les pêcheurs naviguent sur des pirogues en bois allongées et très belles (curieusement, ces bateaux semblent stables malgré leur finesse).
En équilibre et debout à l’extrémité arrière de la pirogue, le pêcheur pousse le bateau avec sa jambe (la jambe entoure la rame), tient une nacelle de la main gauche et une pique (harpon) de la main droite.
Un ballet étonnant au milieu du plan d’eau.

Nous arrivons au village de pêcheurs au Sud du lac : les maisons en bambous sur pilotis se reflètent sur l’eau calme et sombre du lac, les habitants se déplacent en pirogue, les enfants jouent sur des îlots terreux, certains jardins sont fleuris. L’atmosphère est calme, sereine. Les couleurs sont magnifiques et photogéniques, c’est tout simplement beau !

Dans les villages, nous effectuons la tournée des artisans. Les visites sont très touristiques mais cela reste très intéressant. Nous sommes partis avec une demi-heure de retard par rapport au flot de touristes ce qui nous permet d’être relativement tranquilles.
Premier arrêt dans une fabrique de tissus à base de soie et de lotus. La fibre de lotus est extraite manuellement de la tige : les fibres sont enroulées, séchées et prêtes à l’utilisation. Les écharpes 100% lotus ont une texture proche du lin (plus doux et aussi beaucoup plus cher !).

Nous visitons ensuite un atelier qui travaille le bronze (le feu est attisé manuellement pendant que 4 gros bras tapent le métal incandescent afin de lui donner sa forme définitive, impressionnant), une fabrique de cigares (les petites mains féminines font jusqu’à 700 cigares / jour), un atelier de menuiserie qui conçoit des pirogues (il faut assembler plusieurs morceaux de bois pour obtenir la finesse de ce bateau), un atelier d’orfèvrerie (la gérante est fière de nous montrer le bijou phare de la maison : un poisson aux écailles d’argent articulées).

Lors de la visite d’un atelier fabriquant des ombrelles, nous sommes impressionnés par la technicité de l’objet conçu autour du bambou. A partir d’un morceau de bois, l’artisan élabore devant nos yeux le loquet permettant de maintenir ouvert le parapluie et ce, sans utiliser de ressort. La toile de l’ombrelle est issue de plantes flottantes séchées et blanchies. Deux couches de toile sont superposées avec à l’intérieur des plantes séchées en guise de décoration. Que du fait main à un prix dérisoire !

Après un déjeuner vite expédié à l’ombre de la pagode Ywama (à l’intérieur, les Bouddhas ont été déformés par l’ajout successif de feuilles d’or : ce sont maintenant de grosses boules dorées), nous remontons la rivière en direction du village d’Idein. Au sommet de la colline, la pagode Shwe Inn Thein étonne par le nombre de stûpas dorés très proches les uns des autres.

Nous entrons de nouveau dans un village de pêcheurs mais cette fois ci les maisons sont en teck : nous ne nous lassons pas de circuler entre les maisons sur pilotis se reflétant sur l’eau, un enchantement !
La particularité de ce village est de travailler des jardins flottants : il s’agit de bandes de terre et d’herbes fixés au sol via des piquets de bambou. Recouvert d’argile et de boue, les paysans y plantent des tomates, des laitues… Le ramassage se fait en pirogue !

Nous terminons la journée en beauté, par un coucher de soleil sur le lac calme, entouré de pirogues de pêcheurs. Louis Vuitton a été bien inspiré de faire une pub ici ! (publicité sur papier glacé, découverte au hasard d’une visite de temple).


Nous n’avons pas envie d’affronter de nouveau les routes birmanes cabossées.
C’est en avion que nous rentrons à Yangon avec Asian Wings Airways, une nouvelle compagnie aérienne non répertoriée dans la liste noire européenne (ni peut-être même dans aucune liste européenne !). L’atterrissage à l’escale de Bagan a été épique : au sol, l’avion a viré à droite, puis à gauche plusieurs fois avant de freiner et de s’immobiliser. Nous avons eu chaud !

13 février 2011

Les pagodes de Bagan


Nous choisissons de descendre la rivière Ayeyarwady en « slow boat » : départ à 5h du matin de Mandalay et arrivée à 22h à Bagan, soit environ 150 km en 17 h (quand tout va bien : pas de pannes de bateau, pas de bancs de sable).
Dans le rafiot, il y a une majorité de birmans : ce sont des villageois qui s’arrêteront dans l’un des nombreux villages qui bordent la rivière.
Il y a aussi des touristes plutôt du genre voyageurs longue durée & routards.
Les autres touristes sont dans le bateau rapide qui fait le même parcours mais deux fois plus vite (et 3 fois plus cher – 36$ contre 10$).

Nous sommes heureux d’avoir choisi la croisière version lente : tout au long de la journée, nous observons l’intense activité de la rivière.
Nous sommes assis près de nos sacs sur des chaises plastiques : ce n’est pas le grand confort mais les birmans à côté de nous sont assis à même le sol. Nous sommes gênés pas cette différence de traitement … ils nous expliquent qu’ils payent 2$ le trajet contre 10$ pour nous et n’ont pas droit aux chaises !

Même si nous voyageons en compagnie de birmans, nous ne pouvons pas discuter avec eux à cause de la barrière de la langue.
Quasi aucun passager birman présent sur le bateau ne parle l’anglais sauf une jeune femme de 39 ans (elle en fait 10 ans de moins) qui vend des couvertures. Elle a envie de parler en anglais et évidemment de vendre ses produits. Nous discuterons avec elle plus d’une heure sans toutefois alourdir notre sac d’une inutile couverture.
Cette femme élève seule son fils de 15 ans ayant perdu son mari d’un cancer du foie. Elle habite un village à 2h de Bagan. Deux fois par semaine, elle se rend en bus à Mandalay pour ensuite descendre le fleuve en bateau (17 h de trajet) et essayer de vendre ses couvertures aux touristes. Que d’efforts en temps et en argent pour ne gagner que quelques sous : il lui faut vendre au moins 2 couvertures pour absorber ses coûts de trajet et commencer à gagner de l’argent…

La journée s’écoule tranquillement au rythme des escales au sein des nombreux villages au bord de l’eau.
Le ferry permet d’approvisionner en vivres des villages éloignés de tout.
L’arrivée du bateau est un évènement pour les villageois : sur le quai, les femmes et enfants sont tous là, les hommes déchargent les sacs via une mince passerelle avec une dextérité étonnante.
L’activité sur les rives est intense : femmes ou enfants se lavent, élevage d’animaux, pêcheurs…

Nous avons un superbe lever du soleil au niveau de Sagaing entre deux ponts métalliques : le pont construit par les anciens colonisateurs Britanniques et le nouveau pont construit par les « colonisateurs » Chinois.
Le coucher du soleil a lieu quelques kilomètres avant Bagan. A cet endroit, le cours de la rivière s’est élargi et les rayons du soleil déclinant se reflètent sur l’eau, un beau spectacle !



Bagan est un site religieux majeur qui concentre plus de 3000 pagodes datant du 11 et 13ème siècle.
Il n’est pas nécessaire d’être un historien ou un expert en architecture pour apprécier la beauté des lieux.

Au cours de notre séjour à Bagan, nous découvrons les temples à vélo (le moyen idéal pour circuler ici). C’est un vrai plaisir que de se balader de temple en temple, perdus dans une jungle aride, une végétation qui met en valeur les pagodes en briques rouges.

Le site est si vaste (42 km²) que nous ne rencontrons que peu de touristes au cours de la journée.
Les marchands de souvenirs sont malheureusement trop présents (jusqu’à l’entrée des pagodes !) et trop collants.
Nous veillons à nous protéger du soleil caniculaire (plus de 35°C au cœur de l’après-midi).

Nous sommes surpris par le bon état général des pagodes malgré leur ancienneté : certaines ont été restaurées, d’autres ont une structure qui défie le temps.
Les façades des temples sont soit en brique rouge soit couvertes de stucs.

Le meilleur moment pour admirer les temples (et les photographier), c’est entre 16 et 18h.

Nous allons en voir des pagodes en 2 jours !
-      les formes classiques : Shwezigone (1060) et sa cloche centrale dorée.
-      les monumentales : Thatbyinnyu (1144), le plus haut du site avec ses deux énormes cubes superposés (67m de haut) ; et Dhammayangyi (12ème siècle), le plus massif du site en forme de pyramide.
-      les sculptées : Ananda (1091) en forme de croix grecque parfaite et ses superbes sculptures
-      avec des bouddhas à l’intérieur qui occupent presque tout l’espace (attention la claustrophobie): Manuba (1059) avec ses 3 grands bouddhas assis et Shinpinthalyaung avec son bouddha couché.
-      avec des terrasses idéales pour les couchers du soleil : Shwegugyi et surtout Shwesandaw (5 terrasses et 4 escaliers).

D’en haut, le panorama est fabuleux : succession de stûpas en briques émergeant de la végétation.
Le spectacle est encore plus beau lorsque les pagodes sont éclairées par les derniers rayons de soleil.

Ananda Ok Kyaung et Kubyauk-Gyi Myinkaba ont des peintures murales encore bien conservées. Elles représentent la vie du Bouddha Gautama, les évènements liés au bouddhisme ou des motifs floraux.

Nous passons un séjour agréable à Bagan. Nous prenons le temps. Christophe aurait bien voulu rester un jour de plus à faire du vélo au milieu des temples (notamment pour voir Sulamani, Mahabodi et Gawdawpalin).
Notre hôtel est dans le village touristique (comme tous les hôtels budget).

Près du centre historique, nous avons déniché un restaurant végétarien délicieux. Il est tenu par une famille adorable, dont une jeune fille qui travaille dans la capitale administrative.
Elle nous raconte sa vie au travail, ses envies de voyage (il est quasi impossible de sortir du pays à cause du coût démesuré du passeport et du visa de sortie), l’organisation sociale de la société birmane…
Une conversation très instructive même si nous ressentons de sa part la peur de répondre aux questions d’ordre politique. Tout juste nous avouera t elle que le PIB du pays décroît, nous l’avions deviné !
La junte militaire fait régner un climat de méfiance dans le pays : des espions surveillent la population, les rassemblements de plus de 5 personnes sont interdits…
Dans ses conditions, les gens que nous rencontrons ne se confient pas ou à mots cachés.

9 février 2011

La ville royale de Mandalay


Mandalay, centre géographique de la Birmanie, est la 2ème ville du pays en nombre d’habitants.

Nous nous y rendons en bus de nuit : le trajet d’une douzaine d’heures passe vite. Le confort du bus est correct et l’autoroute est bonne. Nous avons droit au karaoké avec les clips d’un chanteur qui semble avoir beaucoup de succès ici. Les birmans aiment beaucoup chanter, dans la rue, les bars …
Vers minuit, au moment de l’arrêt dîner, nous constatons que, de tous les bus (une dizaine), nous sommes les seuls touristes à faire ce trajet.

Notre hôtel, un bâtiment en béton au cœur de Mandalay s’appelle ET, un nom qui ne s’oublie pas !
La route devant l’hôtel est en plein travaux: ce sont des femmes qui choisissent, portent et posent les pierres sur le goudron fraichement déposé par d’autres femmes … mais où sont les hommes ? Ces femmes sont-elles enrôlées d’office ? sont-elles rémunérées ? Nous l’ignorons …


Malgré la circulation dense en journée, Mandalay se prête bien à la visite en vélo car le relief est plat (sauf la Mandalay Hill proche) et les distances sont courtes.
Les vélos sont vieux mais ils sont loués pour une somme dérisoire (1,5 €/jour) : en cas de casse, il se trouve toujours un birman prêt à réparer le vélo (Stéphane a cassé la chaîne de son vélo dès le premier matin).
Ici, encore plus qu’à Rangoon, les habitants nous regardent, nous sourient et engagent aisément la conversation même si l’anglais est moins parlé que dans la capitale.
Nous sommes vraiment touchés par cette spontanéité et cette curiosité dénuée d’intérêts.
Beaucoup d’enfants travaillent dans la rue, les restaurants, les marchés… La scolarité est officiellement obligatoire mais, en réalité, seul un quart des adolescents fréquente les écoles …

Nous sommes surpris du taux de remplissage des véhicules : certaines voitures doublent (voire triplent !) de hauteur avec des colis (ou passagers) entassés sur le toit ou sur les côtés. Il faut dire qu’avec l’augmentation du prix de l’essence, il faut rentabiliser le transport !


Mandalay compte un grand nombre de pagodes et de monastères. Nous ne visitons pas deux pagodes et le Mandalay Palace car nous avons refusé de payer le droit d’entrée de 10$ (qui va droit dans les poches du gouvernement).

La pagode Shwe Nan Daw date de 1880. Elle est construite tout en bois de teck, un bois sombre : la façade finement sculptée est superbe.
La pagode Shwe In Bin plus excentrée et calme est également construite en bois.
La pagode Kuthodaw abrite plusieurs centaines de tablettes où sont gravées les écritures bouddhistes. Mais nous avons été surtout sensibles à l’alignement des stûpas blancs et dorés du plus bel effet au soleil.
La pagode Maha Myat Muni abrite une image en bronze de Bouddha vénérée de tous les croyants. Nous sommes surpris par l’affluence et la ferveur des fidèles. La statue est épaissie à sa base par les feuilles d’or successivement collées par les fidèles.

Ces feuilles sont fabriquées à Mandalay : nous visitons une fabrique de feuilles d’or avec une jeune guide parlant un anglais impeccable.
Le travail est manuel : un birman aplatit le plus finement possible une feuille d’or entre deux feuilles de bambou au marteau. Plus de 5h de pilonnage avec des pauses toutes les 10 mn ! (par lot de 520 feuilles tout de même)
La feuille obtenue est si fine qu’elle se déchire au moindre coup d’ongle.


Le must de Mandalay est de grimper, au soleil couchant, la Mandalay Hill, une colline de 230 m de hauteur qui domine la ville.
L’escalier permettant d’accéder au sommet est interminable mais, en haut, le panorama sur la ville et sa vallée est gigantesque. La brume ne masque pas le soleil rougeoyant qui disparaît derrière la montagne.

Malheureusement, Christophe malade n’a pas pu voir ce coucher du soleil.
Nous nous rendons à la clinique locale. Le docteur birman diagnostique une intoxication alimentaire qui sera soignée par les médicaments de notre trousse à pharmacie. Nous payons cette consultation au tarif touriste: 3 fois plus cher que le tarif local (8 € avec un carnet de santé en souvenir !). A ce prix, nous passons devant tout le monde !

Souvenirs d'une consultation médicale en Birmanie...



La région de Mandalay est le berceau des anciennes capitales: les sièges royaux ont déménagé au gré des affrontements entre les seigneurs.
Ces villes historiques étant très intéressantes à visiter, nous louons un taxi bleu (c’est une sorte de pick-up bleu qui ne dépasse pas les 50km/h) et c’est parti pour une journée marathon !

Nous commençons par Amarapura (en banlieue de Mandalay) dans un monastère (Maha Ganayon Kyaung). Nous allons être le témoin d’une scène que nous ne sommes pas prêt d’oublier : le déjeuner pris par plus de 1 000 moines.
Tout d’abord, nous entrons dans la cuisine du monastère : c’est une grande pièce avec d’énormes marmites contenant riz blanc, ratatouille, viandes… c’est le repas birman classique.
Au plafond, d’impressionnantes toiles d’araignées sont accrochées aux luminaires.

Il est 10h30 : la cloche retentit pour le dernier repas de la journée (le moine n’a pas le droit de manger après l’heure de midi, et ce, jusqu’au lendemain).
Des dizaines de bonzes s’alignent en rangs serrés devant l’entrée de la cantine dans un silence « religieux ». Les bonzes sont habillés d’une robe rouge bordeaux et tiennent en main une sorte de récipient noir (le bol à aumône) dans lequel ils mettront riz, sauce, viande … Les moines les plus jeunes (moins de 15 ans) portent une robe blanche.
Nous assistons, ravis, à la distribution de la nourriture dans la cour (la procession est silencieuse et disciplinée) puis au repas qui se tient dans l’une des salles du restaurant.
Les rangées de moines en train de déjeuner sont très photogéniques au soleil (malgré le nombre conséquent de touristes).

Les moines sont paresseux : ils ne vivent pas de leur travail mais de l’aumône.
Après un lever aux aurores (4h du matin) et une séance de méditation suivie d’un repas, les bonzes parcourent les rues, avec un triangle, en quête d’argent ou d’offrandes.
Les birmans donnent beaucoup: le don est un placement pour la vie future !
Les monastères sont essentiels dans la société birmane: dans bien des cas, ils se substituent à l’école (éducation des jeunes moines sans ressource). Ils peuvent servir de garde-manger d’un village. Ils sont surtout un lieu de culte et de méditation (le « sport » national birman).
C’est le 2ème pouvoir après l’armée. Chaque ville compte au moins un monastère, Mandalay en possède 20 !
Ce pouvoir inquiète la junte militaire: la révolte des moines a été violemment réprimée en 2007.


La journée se poursuit, à Sagaing, par la montée d’une colline : d’une pagode kitsch, nous avons une belle vue sur la vallée de la rivière Ayeyarwady et les pagodes environnantes.
Astuce de notre chauffeur : nous entrons par une porte latérale de la pagode afin de ne pas payer la dîme de 3 $ au gouvernement.
La pagode Kaunghmudaw retient notre attention : le stupa central a la forme peu ordinaire d’un sein de femme, tout blanc car en restauration. Ce grand dôme (46m de haut) et ses niches abritant des Bouddhas est magnifique au soleil !

Après un très agréable déjeuner dans une maison en teck au bord de la rivière, nous nous dirigeons vers l’île Inwa accessible par ferry.
Cette île se visite en calèche : une balade dans le vert de 2 heures vraiment sympa ! Nous traversons des villages formés de petites maisons en teck, des rizières, des sentiers dans la campagne …
C’est une symphonie des couleurs ! le vert tendre des rizières tranche avec le bleu du ciel et le doré de pagodes en arrière plan.
Bien entendu, nous visitons encore des pagodes. Nous aimons beaucoup une pagode en brique rouge à la merci de la végétation luxuriante. Le Bouddha semble bien seul au milieu des rizières !

Nous terminons notre journée à Amarapura pour ce qui restera probablement le moment le plus marquant de notre voyage en Birmanie : la traversée du pont U Bein.
Ce pont en teck, long de 1,2 km, enjambe le lac Taungthama et permet de rejoindre les monastères de l’autre côté du rivage.
En fin de journée, le trafic piéton est intense entre les frêles piliers du vieux pont : il y a des moines, des pêcheurs, des paysans et bien sûr les touristes.

Nous vivons ici notre plus beau coucher du soleil depuis le début du voyage.
L’astre décline à travers les piliers du pont ; les arbres morts se reflètent sur l’eau, la brume se lève à l’horizon. Les couleurs semblent intemporelles : le gris de l’eau se confond avec le gris du ciel.
Un spectacle inoubliable !


Encore une ville royale à visiter avant de quitter la région !
Migun est située à 1h de bateau de Mandalay.
La ville est connue pour son énorme pagode : le plus gros tas de briques au monde, 50 m de haut et 72 m de côté. Sa construction a débuté en 1790 et a mobilisé des milliers d’esclaves, un travail digne de la Pyramide de Giseh. Victime du tremblement de terre en 1838, le bâtiment a perdu les 2/3 de sa hauteur initiale (150m !).

Autre curiosité digne de figurer dans le livre des records : la plus grosse cloche au monde en activité (non fêlée) qui se trouve dans un pavillon proche de la pagode. Cette cloche a une hauteur de 4 m et un poids de 90 t …
Curieuse appréhension que d’entrer dans cette cloche si épaisse : et si elle se détachait de son support ?

Nous aimons beaucoup la pagode Hsinbyume. Construite en l’honneur d’une princesse, le bâtiment tout blanc possède des terrasses en vagues successives ce qui lui donne une allure féminine.

Nous concluons en beauté notre visite de Migun par l’achat de plusieurs aquarelles : la ville est en effet renommée pour ses écoles de peinture.




Toutes nos photos, ici !

7 février 2011

Rangoon, une capitale en ruine


L’aéroport international de Rangoon est de petite taille et le trafic passager y semble peu élevé.
Cela nous permet d’obtenir rapidement nos bagages après avoir passé la douane (simple formalité puisque nos visas avaient été établis à Bangkok).

Première surprise dans le taxi en route pour le centre ville : le volant de la vieille guimbarde, sans compteur kilométrique, est à gauche alors que les birmans roulent (en théorie) à droite.
Le chauffeur de taxi nous explique que le changement de sens de circulation est relativement récent (20 ans) et que les anciennes voitures, dont la sienne, sont autorisées à circuler même si le volant est mal situé. En fait, la Birmanie est le marché d’occasion des voitures japonaises, pays où l’on roule à gauche …

Notre hôtel nommé White House n’a de commun avec la Maison Blanche de Washington DC que le nom ! La façade décrépie est partiellement masquée par la végétation. Les murs de notre chambre sont faits de bric et de broc, le plafond culmine à 2 mètres et surtout il n’y a pas de fenêtre. Mais le petit déjeuner est bon et copieux, tout cela pour 15 $.

En Birmanie, les hébergements, certains transports et les accès aux sites (pagodes…) doivent être payés en dollars US. Comme le pays est totalement dépourvu de distributeurs automatiques de billets et qu’aucune banque ou autres organismes n’acceptent la carte bancaire (embargo des USA), tout doit être payé en cash !
Il faut donc entrer dans le pays avec la somme nécessaire en dollars US, les billets doivent être neufs (ou en excellent état) et le numéro de série ne doit pas commencer par CB (série de billets contrefaits).
Certains de nos billets sont trop pliés, d’autres sont tâchés (ils sont restés trop longtemps dans notre ceinture à billets et ont pris l’humidité) : ces dollars sont systématiquement refusés par les Birmans.
Il va nous falloir être mesuré dans nos dépenses afin de tenir notre budget, un budget que nous avons quelque peu sous-estimé : les prix (et notamment le pétrole) ont beaucoup monté depuis la parution de notre guide …

Le surlendemain, nous nous rendons légèrement inquiets au marché Bogyoke Aung afin d’y changer une partie de nos dollars en Kyats.
En Birmanie, le change se fait dans la rue car le cours officiel est très désavantageux : 1 dollar = 6,4 Kyats contre 850 kyats dans la rue (avec de grosses coupures de 100$. En effet, nous avons été surpris mais le change n’est pas le même suivant les coupures).
Scène peu ordinaire que de compter 85 billets de 1 000 kyats (billets plus ou moins déchirés et peut-être faux) et de sortir ensuite son billet de 100 dollars, tout cela au milieu des passants de ce marché très fréquenté.
Et pourtant, tout se passe bien ; notre changeur dénommé Tun Tun (cela ne s’invente pas !) manipule de grosses sommes d’argent : sa besace est pleine de dollars et encore plus de kyats.


Avec de l’argent en poche, nous commençons notre visite de Rangoon (= Yangon, le nouveau nom de la ville, sonne moins colonial), capitale économique de la Birmanie.
La junte militaire a décrété Nay Pyi Daw comme capitale politique du pays en 2005 à 400km de Rangoon (Il parait que c’est une ville ultra moderne, enfin pour le pays. Il semblerait qu’elle soit interdite aux touristes. De toute façon, dénuée de tout intérêt culturel).

Rangoon compte 5 millions d’habitants : c’est une ville épuisante et assez peu agréable à visiter.
Malgré l’absence de motos et scooters (interdits par la junte à cause des risques d’attentats), les rues sont bruyantes.
L’air pollué (les voitures qui n’ont plus d’âge rejettent énormément de gaz d’échappement) est difficilement respirable. La ville est sale et poussiéreuse : après une après-midi de marche, nous sommes terreux !
L’hygiène globale est déplorable : déchets à même le sol, murs encrassés, sols noirs …
Les façades des maisons ne sont pas entretenues : certains bâtiments construits par les anglais sont en piteux état (balcons délabrés), les routes sont défoncées car non entretenues …

Bref, ce n’est pas une image très positive de la Birmanie que nous avons à Rangoon !
Et pourtant, nous sommes très touchés par l’accueil des habitants et ce sera encore plus le cas en Birmanie du Nord. A notre passage, les birmans nous regardent en souriant, nous saluent (Hello !) et n’hésitent pas à engager la conversation (Where are you from ?). C’est un peuple très souriant, chaleureux, toujours prêt à aider (nous indiquer la direction, traduire une demande en birman …).
C’est certainement le meilleur accueil que nous ayons eu depuis le début de notre voyage !


Avec un couple d’israéliens rencontré à l’hôtel, nous partons au petit matin visiter la pagode Shwedagon au lever du soleil.
Cette pagode est majeure en Birmanie : chaque bouddhiste doit venir s’y recueillir au moins une fois dans sa vie.

La structure de la pagode birmane diffère sensiblement de celle du palais thaïlandais :
Au centre de la pagode, se trouve le Zedi (Chedi en Thaïlande): c’est une grosse cloche dorée avec à sa pointe une girouette.
Une pagode peut contenir plusieurs Stupas ; le Stupa abrite une relique de Bouddha ou d’une personnalité importante.
Nous trouvons également des autels pour chaque jour de la semaine comme en Thaïlande avec des images de Bouddha dans différentes positions mais ici chaque jour de la semaine est aussi associé à un animal et une planète :
-      Dimanche : Le soleil - ?
-      Lundi : La lune – Le tigre
-      Mardi : Mars – Le lion
-      Mercredi matin : Mercure – l’éléphant avec défenses
-      Mercredi après-midi : Yahu – l’éléphant sans défenses
-      Jeudi : Jupiter – Le rat
-      Vendredi : Venus – Le cochon d’inde
-      Samedi : Saturne – Le serpent dragon
La semaine bouddhiste comprend 8 jours car le mercredi compte pour 2 jours.
Les fidèles viennent se recueillir devant l’autel correspondant au jour de leur naissance.

L’accès à la plate forme centrale se fait via quatre escaliers en général monumentaux (aux points cardinaux) gardés par des lions (symbole du pays – il s’agissait de dragons en Thaïlande).

La pagode est un lieu de vie : il n’est pas rare d’y trouver des birmans en train de manger, de jouer au Chinlon (jeu avec une balle en rotin), de vendre (multiples échoppes au niveau des escaliers d’accès), de méditer …


Par rapport aux pagodes que nous visiterons par la suite, la pagode Shwedagon est peu ordinaire de part la taille de son Zedi central, une cloche dorée de 98 m de haut entourée d’une soixantaine de petits stûpas. Le reflet du soleil se levant sur la surface dorée des stûpas est un spectacle inoubliable !
Au sommet du grand Zedi, nous apercevons les 9 parasols en or, la girouette, les clochettes d’or mais pas les diamants (plus de 1100 incrustés !), ni les pierres précieuses.
Nous visitons les pavillons qui contiennent des images de Bouddha agenouillé, la cloche Mahagaunta (volée par les Britanniques, coulée et récupérée avec des bambous par les birmans), l’arbre sacré (un gros banian) où Bouddha connut l’illumination.
Malgré l’heure matinale, il règne au sein de la pagode une forte activité: des fidèles méditent, d’autres arrosent d’eau le Bouddha correspondant à leur jour de naissance, des moines habillés de « robes » rouge bordeaux (orange en Thaïlande) déambulent sur la plate-forme au milieu des pigeons …

C’est une atmosphère calme et sereine que nous retrouvons plus tard à la pagode Botataung.
Cette pagode située au centre ville au bord de la rivière a été détruite par les bombardements de 1943. Elle a été reconstruite à l’identique grâce aux donations des birmans. Particularité : le Zedi central n’est pas plein mais creux. Il est possible d’y entrer et d’y voir les cheveux de Bouddha.

Nous effectuons une brève visite non payée (autant éviter de trop donner au gouvernement) à la pagode Sule située au centre d’un rond-point (au cœur de Rangoon : super point de repère). Le Zedi central, en rénovation, est recouvert de nattes de bambous : la cloche doit-être redorée tous les 5 ans.


Avant de quitter Rangoon, nous nous baladons dans le centre ville : nous passons devant des bâtiments coloniaux reconvertis en bureaux administratifs, des églises anglicanes austères, la gare ferroviaire déserte (quais en piteux état).
Un petit tour autour du lac où résident les membres du gouvernement et les ambassadeurs : les demeures sont entourées de hauts murs surmontés de plusieurs couches de fils barbelés.
Ces maisons sont voisines d’immeubles d’habitations délabrés et encrassés, quel contraste !

Il est à noter que les quelques jardins publics / parcs de la ville sont payants !

Nous nous rendons au Chinatown en compagnie de deux fonctionnaires birmans d’origine chinoise rencontrés au hasard dans la rue et parlant un très bon anglais (la tenue du fonctionnaire est standardisée : une chemise blanche col Mao et un pantalon robe Longyi).
Après avoir été au temple chinois (le père prie pour la réussite de sa fille à son examen), nous dînons ensemble d’un plat de riz-omelette dans la rue autour d’une minuscule table plastique.
En Birmanie, les salons de thé ou restaurants de rue utilisent des tables et chaises de petites tailles à ras le sol, genre dinette pour enfants (sans doute car moins cher et plus facile à remballer et transporter), difficile pour les jambes de Stéphane…

Dans le quartier, c’est encore les festivités du nouvel an chinois : concours de danse de dragons, lampions rouges… c’est certainement le quartier le plus animé de cette ville endormie.





Toutes nos photos, ici !

6 février 2011

Thaïlande : bilan et impressions



Voici le bilan de nos trois semaines en Thaïlande :

Nous avons aimé :
- L’accueil des habitants (même dans les zones hautement touristiques) : le sourire, le salut Wai, le fait que tout problème trouve une solution.
- Chiang Mai et ses marchés, sa région riches en surprises (temples, éléphants, jardins).
- Les temples thaïlandais en excellent état, lieux de recueillement et de rassemblement.


Nous avons moins aimé :
- Phuket : l’excès du tourisme de masse.
- Le bruit, la poussière et la pollution de Bangkok.
- L’absence de préoccupation écologique de la part des habitants.


Et nous?
Nous sommes arrivés les traits tirés (dixit les parents de Stéphane) en Thaïlande.
Nous en repartons reposés après une semaine de farniente fort agréable à Koh Lanta.
Nous avions perdu l’habitude du bruit et de la pollution générés par la circulation (c’est plus calme en Australie !). Par contre, nous apprécions de pouvoir profiter du faible niveau de vie en Asie notamment par le choix d’hébergements confortables.


Nous avons été surpris par le niveau de développement atteint par la Thaïlande. La capitale Bangkok est une métropole moderne avec ses buildings, ses grands centres commerciaux, ses métros et ses embouteillages.
D’autres preuves : les voitures sont grandes et récentes ; les marques occidentales (symboles de la société de consommation) sont très présentes ; les thaïlandaises sont très coquettes ; les superettes « 7 Eleven » sont partout (4000 points de vente) ; le taux d’alphabétisation est de l’ordre de 95% ...

La Thaïlande figure parmi les «dragons » de la région avec un fort taux de croissance annuel depuis la crise de 1997. Une croissance tirée par l’agriculture (la moitié de la population active est agricole ; le pays est le 1er producteur mondial de riz) et le tourisme.

Il faut dire que le pays se prête bien au tourisme, culturel au Nord (temples intacts : le pays n’a jamais été colonisé) et farniente au Sud (belles plages, certaines îles sont encore préservées).
Nous avons rencontré beaucoup d’européens en Thaïlande : français, allemands, néerlandais mais aussi, et c’est une surprise une très forte présence asiatique et notamment chinoise.
Malgré la saturation touristique à certains endroits du pays, les thaïlandais demeurent gentils, souriants, respectueux et humbles.
C’est certainement le peuple le plus accueillant depuis le début de notre voyage !

Le thaïlandais ne s’énerve pas, ne crie pas, ne râle pas : il sourit et tente de résoudre les problèmes dans le calme et la sérénité. C’est l’application du bouddhisme dans la vie quotidienne.
Si les thaïlandais vénèrent majoritairement Bouddha (32000 temples, 450000 moines), la superstition est un élément essentiel de la culture thaïlandaise. Par exemple, devant chaque habitation, a été construite une « Maison des esprits » : c’est un mini temple avec figurines où résident les esprits des lieux (afin d’éviter que ceux-ci ne rodent dans la maison ce qui pourrait poser problème).

La famille royale est également très respectée dans tout le pays : les portraits photos du roi Bhumibol (Rama IX c’est plus simple) sont partout ; le roi à l’école, le roi à la campagne, le roi avec des enfants, le roi en cow-boy…
Ce roi de 84 ans, au pouvoir depuis plus de 60 ans (le plus long règne de l’histoire de la Thaïlande), très respecté par son peuple, parvient à maintenir tant bien que mal l’unité dans son royaume malgré les troubles politiques récents (les chemises rouges contre les chemises jaunes : c’est la guerre orange !).


Le coût du séjour touristique en Thaïlande.
La Thaïlande est le pays rêvé pour les routards à petits budgets, surtout ceux qui ont vidé leurs porte-monnaie en Australie !
L’abondance de l’offre logement et restauration est telle qu’il est possible de vivre avec presque rien dans ce pays. Et il n’est pas nécessaire de réserver un hébergement à l’avance, il y a toujours une solution !

Quelques exemples de prix :
Nuit d’hôtel, la chambre double : à partir de 200 B / 4 euros, variable selon l’emplacement.
Taxi, à Bangkok, pour une petite course de 30 minutes : 100 B / 2 euros.
Ne prendre que les taxis avec un compteur (qui marche !) : c’est beaucoup moins cher que de fixer un tarif aléatoire mais avantageux pour le chauffeur.
Les déplacements en avion low cost sont bon marché (2000 B / 50 euros pour 1 h de vol).
Il vaut mieux privilégier les compagnies « sures » : Nokair (filiale de Thaï-Airways) ou Air Asia.
Restaurants : ils sont donnés et permettent de profiter de la finesse de la cuisine thaïlandaise
De 200 à 300 B / 4 à 6 euros le repas complet.
Les produits laitiers et céréaliers (pains, céréales) sont assez chers. Rien ne vaut les repas dans la rue ou au marché plutôt que d’aller au supermarché.
Parcs nationaux et temples : entrées peu chères voire gratuité.
Massage : de 60 B / 1,5 euro les 30 minutes à Chiang Mai (prix imbattables car les étudiants se donnent la main à nos jambes et pieds) jusqu’à 300 B /7 euros l’heure de massage thaïlandais (énergique) au bord de la plage. C’est 10 fois moins cher qu’en France !

- Population : environ 65 millions d'habitants.
- Superficie : 513 120 km² (proche de la France).
- Capitale : Bangkok (plus de 10 millions d'habitants).
- Langues : le thaï (langue officielle), le chinois et l'anglais.
- Monnaie : le baht.
- Religions : bouddhisme (94 %), islam (5 %), christianisme (environ 1 %), animisme et hindouisme.
- Nature du régime : monarchie constitutionnelle à tendance autoritaire.
- Chef de l'Etat : le roi Bhumibol Adulyadej (couronné en 1950!) également connu sous le nom de Râma IX.
- Premier ministre : Abhisit Vejjajiva (depuis décembre 2008).
- Monuments classés au Patrimoine de l'Unesco : les villes historiques de Sukhothai (et les villes historiques associées) et d'Ayutthaya ; le site archéologique de Ban Chiang ; le complexe forestier de Dong Phayayen-Khao Yai ; le parc maritime de Ko Tarutao.